Le roman nous fait voyager entre deux mondes, qui pourraient, d’une façon assez basique, être définis comme le monde de la ruralité, et le monde de la ville. L’importance de l’éducation est décrite comme étant très importante, car ce sont l’habilité de la soeur à apprendre et à acquérir des diplômes qui lui ont permis de quitter le milieu familial.
Le contexte familial est épouvantable, car la brutalité et la violence ne sont jamais loin du quotidien. Il n’y a aucune ouverture sur l’extérieur. Dans cette situation , toujours un peu menaçante, la mère survit en étant soumisse, et le fils devient violent. Le fils n’a guère de repères car la relation entre lui et son père se désintègre complètement ,quand ils commencent à se battre violemment.
Un possible exutoire: être pompier n’est même pas acceptable au père. En ce qui concerne la vie sentimentale du fils, nous sommes dans le même cauchemar. Il finira sa vie seul. Les débâcles dans la vie du fils ont bien sûr commencé très tôt: très bien décrits dans une séance de cathéchisme, où il ne peut pas retenir les informations, et il a peur.
Mais le grand drame c’est qu’il n’a pas été formé à diriger une ferme dans le monde d’aujourd’hui avec toutes sortes de contraintes pour respecter les normes, et avoir accès à des subventions. Il n’y a pas de surprise quand il déclare, à la fin du récit: "je n’en peut plus il faut que ça s’arrête".
Un livre émouvant. Les lectrices ont aussi fait remarquer à juste compte qu’il se pourrait que la soeur ait quitté la ferme, mais pas complètement. N’a-t-elle pas acheté une maison de vacances dans le village…ou peut-être y finira t-elle son existence!